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Dans la longue coulée verte de la vallée de la Juine, à
proximité d'Étampes, ville royale, le clocher de l'Église de
Morigny attire l'attention.
Ce n'était que solitudes forestières et marécageuses lorsqu'à la
fin du XIème siècle, vers 1090, des moines bénédictins
originaires de Saint Gemer de Fly, près de Beauvais, vinrent s'y
installer.
Il y avait là une rivière aux eaux claires, des terres à
conquérir et assainir, toutes choses qui, en ces temps de foi,
permettaient à une communauté monastique de vivre et
d'évangéliser.
Les moines construisirent donc un ensemble de bâtiments et un
lieu de culte placé sous l'invocation de la Sainte Trinité ; Il
fut consacré par le pape Calixte II en 1119 lors de son passage
à Étampes.

Rapidement, cette abbaye allait être protégée et aidée par les
puissants du royaume, tant les rois de France, en particulier
Philippe 1er et Louis VI, que les évêques et les seigneurs ;
même les Papes facilitèrent son expansion. Elle se vit ainsi
accorder privilèges et dons ; ce qui contribua à en faire l'un
des centres religieux les plus riches et influents de la région.
L'institution connu son age d'or au VIIème et VIIIème siècle,
une longue période d'incertitudes et de destructions vint
compromettre cet essor. La Guerre de Cent Ans, en particulier la
lutte sans merci entre les Armagnacs et les Bourguignons, laissa
l'abbaye et son Église en ruine.
Pourtant, dès la fin du XVème siècle, puis à partir de 1525,
sous l'impulsion de deux abbés à la forte personnalité, Jean de
Salazar et Jean Hurault, l'ensemble fut restauré. On
reconstruisit le choeur qui fut doté d'une petite chapelle
axiale ; on réédifia les voûtes qui s'étaient effondrées. Mais
cette embellie ne dura pas. Très vite, en effet, l'abbaye tomba
en commende, c'est à dire qu'elle devint un bien à la discrétion
du roi, qu'il voulait récompenser. Ce qui équivalait à détourner
le sens même de l'institution. Puis vinrent les guerres de
Religion qui ravagèrent une fois de plus la région. L'entretien
laissa beaucoup à désirer et, en 1575, la partie occidentale de
la nef, qui occupait la place actuelle, s'écroula.
Comme les moyens manquaient, on se contenta de boucher
l'ouverture béante, d'où ce mur sans grâce qui constitue la
façade actuelle.
De nouveaux désastres se produisirent au XVIIème siècle, au
moment de la Fronde et au siècle suivant, la désaffection pour
la vie monastique conduisit à la décadence de l'abbaye. En 1743,
il n'y avait plus que deux moines et l'archevêque de Sens décida
sa fermeture et le transfert de ses revenus au séminaire
diocésain.

En 1791, sous la Révolution, ce qui restait des bâtiments fut
vendu comme bien national. Pourtant l'Église échappa à la
destruction, car l'ancienne Église du village, située près du
cimetière actuel étant ruinée, l'église abbatiale devint Église
paroissiale de Morigny.
Il fallut pourtant attendre le
milieu attendre du milieu du XIXème siècle, pour que le
sanctuaire retrouve une certaine dignité. A cette restauration,
contribuèrent alors les grandes familles nobles qui résidaient à
Morigny-Champigny. C'est alors que l'on se préoccupa de meubler
le lieu de culte pour lui donner une certaine dignité (nouveaux
fonts baptismaux, boiseries néo-gothiques tableaux et lustres,
vitraux aux scènes colorées).
En 1862, le bâtiment fut alors classé Monument Historique.
En 1986, après une longue période de faible entretien, l'église
menaça à nouveau de s'effondrer et d'importants travaux de
consolidation et de restauration durent être effectués. L'Église
de Morigny est à nouveau ouverte à la pratique du culte depuis
la Toussaint 2003. Seul le clocher est encore interdit au
public. Loin
de sa splendeur passée, l'église de Morigny-Champigny reste tout
de même l'élément majeur du patrimoine de la commune et, telle
qu'elle est, l'un des rares sanctuaires de cette qualité et de
cette ancienneté dans l'Essonne.
Elle mérite votre visite.
Pour plus d'informations, vous
pouvez vous procurez le "Guide du visiteur", disponible en
mairie. |